h. glovelier, m. martin

en passant une vieille limousine
parle de Bogart au parking Perd-Temps

quelques gouttes de pluie inventent cette nuit
dans un-e flaque d'huile un ciel aquarelle

un mur en pierre
un cri de bébé
le ruisseau d’à côté s’écoule dans l’obscurité
et répand des parfums d’océan

sur une échelle une abeille vacille
joue à la chouette pour voir les étoiles qui brillent

c’est la nuit de la pleine lune
chacun l’attendait comme de coutume
mais la lune a décidé
de ne pas se lever

agaçant blabla par une fenêtre grande ouverte
une télé se débat dans une chambre déserte

sur le coup de minuit un chat trop clair
abandonne sa souris aux portails du cimetière

à mi octobre
les dernières cigales
donnent un fond musical
à un ivrogne qui rentre et qui chante pour une fois d’une voix sobre
la télé, le bébé, le chat clair et l'abeille sans sommeil
et le ruisseau d’à côté s’écoule dans l’obscurité
et répand des parfums d’océan

c’est la nuit de la pleine lune…