h. glovelier/m. rebetez

la plage presque vide
semble plus large que jamais
le vent fouette les vagues
règne désormais

un soleil fragile
écarte les nuages
une poignée de feuilles sèches
amorce son dernier voyage

les chaises du bistro
reposent entassées
un chat grisonnant surveille
la boutique de souvenirs délaissés

sans toutes les voitures
je reconnais le visage du village
et là devant mes pieds
une pierre sans pareil
sertie d’un anneau vermeil

toutes ces images de l’automne
je vais les ramener
les couleurs du sud
la petite pierre aussi
dans un écrin caché
enveloppés de velours
des baisers, tous mes baisers
inapaisés

quelques rares personnes
assises sur les pierres
comme elles ressemblent
aux oiseaux de mer

les couleurs des paletots
rappellent un peu l’été
seul un vieux en maillot
se prépare à nager

un peintre égaré
ne peut plus s’arrêter
doit peindre, peindre, peindre
les nuances, la mer, le clocher

j’ai pu regarder ces moments de l’automne
un sourire léger dans le cœur
et je pressens encore le printemps
ici, entre toi et moi