h. glovelier / m. casanovas

elles marchent toutes deux
doucement dans l'eau
d'un pas gracieux
léger et enfantin, sans pudeur
seulement vêtues d'une serviette
autour des hanches
belles et mates elles respirent
l'or rouge de l'espagne

elles s'arrêtent
et leurs silhouettes se mélangent
se fondent en une vague
accueillie par la mer
leurs longs cheveux de jais
glissent sur leurs corps cuivrés
en cascade d'or noir

enjouées, amusées
elles plongent dans les flots
bleu vert

et plus tard
elles sont là devant moi
lascives et joueuses
étendues sur la grève
bercées par l'eau qui se faufile
entre leurs jambes
pour caresser leur ventre

innocentes, ravissantes
flattées par la mer du soir
bleu rose

et je comprends gauguin…

même beaucoup plus tard
je perçois sur cette eau
des reflets de leurs corps
comme de l'or fluide
dans le noir de la mer