h.glovelier, m. martin, v. stucki

sur une couverture de laine, des choses par dizaines
un promeneur lassé
« j’ai perdu une clé, j’ai du m’arrêter
pour essayer de la trouver »

des journaux, un couteau, des biscuits en morceaux
un vieux cadenas bloqué
un bout de saucisse, du sel, des épices
mais toujours pas de clé

de temps en temps
il faut vider son sac à dos
de temps en temps
trier ce qu’on porte
jeter ce qui pèse …

une boussole, une bougie, un flacon d’eau-de-vie
vidé à moitié
un cornet usé, un pull fatigué
quelques pensées égarées

des malentendus, des larmes retenues
quelques craintes cachées
de l’amour répandu, parfois répondu
mais toujours pas de clé

de temps en temps …

dans ce sac à dos des envies d’un ado
des conneries, des souvenirs, des éclats de rire
des idées folles de gaieté
source qui coule, sans jamais s’arrêter

elle est là au fond, je l’entends tinter
cette clé oubliée
la clé des champs
qui ne m’a jamais lâchée

de temps en temps …